#DéfiduLundi 35

Bonsoir à tous !

Il est l'heure de vous présenter nos créations sur le défi de la semaine ! Au menu nous avions : carte 🗺️ conteur 📖 et évadé 🏃

Nous commençons cette semaine avec un texte écrit par P’undrak sur le thème carte 🗺️

On ne pouvait plus distinguer le jour de la nuit, du ciel et de la mer. Les nuages, d’un noir de charbon, se confondaient avec les eaux glaciales entourant le navire. Cela faisait huit jours que les vents hurlaient, faisant grincer le bois, faisant craquer les planches, faisant hurler les sabords, assourdissant l’esprit engourdi de l’équipage. Ils étaient devenus automates, se mouvant avec des gestes répétés, identiques, tous travaillant à évacuer l’eau envahissant sans répit le vaisseau dont le froid les pénétraient jusqu’aux os. Ils n’avaient quasiment que ça à faire, la voile était baissée depuis le début de cette nuit sans fin, sans lune ni étoiles. Mais les vagues d’eau noire et glaciale ne manquaient pas. Les quelques chanceux qui pouvaient se reposaient tentaient tant bien que mal de sombrer dans un sommeil paisible, mais tout ce dont ils rêvaient était l’obscurité des abysses qui les menaçaient un peu plus chaque jour.

Dans sa cabine, le capitaine se penchait sur sa carte, comme un arbre penchant sous le hurlement d’une tempête. De ses yeux lents et sombres, il observait les traits noirs sur le papier jaunis par le temps. Ils se fatiguaient à lire des lettres, des noms de mers, de côtes, de courants se fondant avec le papier, difficilement discernables dans la pénombre que peinait à offrir la lanterne qu’il avait fait ouvrir. Il ne pouvait qu’essayer de deviner. Il était épuisé. Son corps voulait s’effondrer, son âme se sentait happée par les ténèbres.

La lanterne s’éteint, la nuit continuait, le lugubre navire dérivait.

Nous continuons avec une illustration de Virgule_art sur le thème carte 🃏


Nous finissons cette semaine avec un texte écrit pas Camille Ksaz sur les thèmes conteur 📖 et évadé 🏃

- Je suis sûr qu’on peut s’arranger.

Il était entouré d’une dizaine de couteaux et pourtant un sourire charmeur restait accroché à son visage juvénile. Il avait parié des sommes astronomiques tout en sachant pertinemment ne pas pouvoir les honorer. Et maintenant que l’alcoolémie montait, les esprits s’échauffaient. Il était que le spectacle commence. Il proposa avec une voix enjôleuse :

- Et si nous faisions un dernier pari ?
- Pour que tu nous arnaques encore une fois, non merci !
- Cette fois je vous propose de jouer un objet bien plus précieux que la faible somme que je vous dois.

Il tapota au sol et fit apparaître une pierre brute de la taille de sa main qui pulsait d’un violet intense. Tous se mirent à l’écouter.

- Je vais vous raconter une histoire. Si celle-ci vous ennuie avant le lever du soleil, je vous donne la pierre, sinon je la garde et ma dette est épuisée.En revanche, vous êtes obligés de m'écouter au moins cinq minutes.evanche, vous êtes obligés de m'écouter au moins cinq minutes.

Comme signe d’approbation, le barman rangea son arme et alla chercher un sablier.
L’homme se leva, poussa les tables pour préparer sa scène, installa des chaises devant lui et attendit que tous se soientassis en soufflant.
Alors la magie opéra. Par la simple puissance de ses mots, les adultes renfrognés redevinrent des enfants devant un livre d’images. Ils voyaient les chaînes se briser et s’évadaient en échappant de peu à la mort. Ils le voyaient se faufiler dans un bateau et traverser des mers agitées dans l’espoir de découvrir un pays où la liberté n’était pas qu’un rêve. Ils sentirent l’air chaud du désertbrûler leur peau. Ilsressentirent la soif, la faim et l’épuisement qui finirent par lesemporter. Ils savourèrent la sensation d’une caresse presque maternelle sur leur visage. Ils tombèrent amoureux des yeux noisette emplis d’une douceur sans fin. Ils se brisèrent en rencontrant le mari de cet être unique.

Ils découvrirent ce qu’était l’amitié, la trahison, la vengeance, l’amusement, la solitude et la liberté jusqu’à ce que le premier rayon du soleil vienne caresser les cheveux blonds du conteur.

Merci d'avoir lu cet article et à la semaine prochaine pour notre #DéfiduLundi !!

Camille Ksaz

Camille Ksaz

Auteure, présidente de Supran